«Tu es fou mais tu es intelligent»

CAMILLE: Tu es fou mais tu es intelligent

Paul est d’un aspect un peu antipathique, dans le genre gangster de film, mais d’une antipathie sympathique, si l’on peu dire, secrètement attiré que l’on est par son côté renfermé, maussade, souvent provocateur, qui cache une âme tourmentée, rêveuse, qui se cherche elle-même. Avec l’argent qu’il gagnera, Paul espère pouvoir enfin se consacrer tranquillement à la pièce de théâtre qu’il médite depuis longtemps mais en est-il vraiment capable ? Son ambition change trop souvent de sens pour être vraiment pure. Du moins il pense que Camille pense peu à peu ça de lui et que c’est une raison supplémentaire qui alimente le mépris qu’elle a conçu pour lui. Sur ce point Fritz Lang dans les discussions qui les oppose l’un à l’autre au sujet des aventures d’Ulysse, lui fera la morale. La vérité s’opposera ainsi au mensonge, la sagesse à l’esprit brouillon, un certain sourire grec, fait d’intelligence et d’ironie, à un sourire moderne incertain, fait d’illusion et de mépris. C’est l’insécurité perpétuelle de Paul qui doit être touchante, car elle est néanmoins, malgré les apparences signe de candeur et de non-méchanceté.

Jean-Luc Godard parlando del suo Le mépris (1963) con Michel Piccoli e Brigitte Bardot, dal romanzo di Alberto Moravia; musiche di Georges Delerue

 

Un male incerto provoca inquietudine, perché, in fondo, si spera fino all’ultimo che non sia vero; ma un male sicuro, invece, infonde per qualche tempo una squallida tranquillità.

Alberto Moravia, Il disprezzo (1954)